Masculinité positive

Du système patriarcal et à la masculinité positive

Dans le souci de contribuer à l’éradication des violences basées sur le genre et de promouvoir les droits de la femme, la Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles (SFVS) a organisé des ateliers sur la masculinité positive. Tout au long du mois de mai, 120 personnes de six communes du Nord-Kivu ont été formée à cette nouvelle approche des relations entre femmes et hommes.

« Peut-on encore défendre le modèle patriarcal qui dirige nos sociétés traditionnelles ? interroge Justine Masika Bihamba, présidente de la SFVS. Les inégalités de traitement et de droits qui existent entre les hommes et les femmes, sont à la source de violences profondes. Il est temps de changer de modèle ! » Forte de ce constat, la SFVS a organisé, tout au long du mois d’avril et mai, une série d’ateliers de formation à la masculinité positive.

Ces activités s’inscrivent dans le cadre du programme « Femme en route », élaboré avec l’appui financier de la fondation Alboan. Des formations ont été dispensées à Bulengo, Rubaya, Bweremana, Rutshuru Bwisha, Rutshuru Bwito et Walikale Kashebere, Butembo et Beni. Dans chacune des entités, une vingtaine de personnes, en général 12 hommes et 8 femmes, ont bénéficié de ces formations. A Béni, par exemple, les animateurs d’Entités Territoriales décentralisés, les responsables des structures et mouvements des jeunes, ceux des confessions religieuses, des organisations de la société civile, les enseignants, les représentantes des associations féminines, les leaders communautaires, ont été réunis durant deux jours à l’hôtel la Référence Plus.

Une nouvelle vision des relations femmes-hommes

La masculinité positive consiste simplement à considérer autrement les relations entre hommes et femmes. « Il faut que chacun et chacune modifie ses propres habitudes et visions pour parvenir à des changements au niveau global, insiste Justine Masika Bihamba. A chaque homme qui prend conscience des inégalités qui existent, nous faisons un pas de plus vers l’égalité mondiale. »

Dans un premier temps, les formations ont consisté à montrer aux participant·e·s la réalité des inégalités et leur corrélation avec les violences au sein des familles. « Auparavant, on pensait qu’il y a des travaux pour femme et des travaux pour homme, reconnaît Julien Kambale KALEKYA, enseignants à Beni. Nous réalisons que nous devons travailler ensemble. Nous, les hommes, ne pouvons plus discriminer les femmes. » Un autre participantBWITO  a témoigné qu’il était dans l’ignorance par rapport au respect des  droits des femmes. « Lorsque je voyais mon papa maltraiter ma maman, je pensais que c’est comme ça qu’on doit traiter la femme. » Après la formation, il s’est engagé à adopter un comportement différent de celui que son père lui a montré et à respecter sa femme et à l’aider aux travaux de leur ménage afin d’avoir un développement plus harmonieux dans leur foyer.

Photo de l’atelier sur la masculinité positive à Bulengo

Photo de l’atelier sur la masculinité positive a Bulengo

Photo de l’atelier sur la masculinité positive a Bulengo

Toucher les familles et les communautés

Dans un deuxième temps, l’objectif des formations consistait à amener les hommes à s’impliquer dans la lutte contre les violences basées sur le genre en sensibilisant et éduquant leurs homologues pour des changements positifs de comportements en vue de promouvoir l’égalité du genre et la parité homme-femme. Les hommes modèles ou champions ainsi formés sont prêts à promouvoir les droits des femmes du Nord-Kivu. Ils ont pour taches entre autres de sensibiliser les membres de leurs communautés respectives à lutter contre les violences basées sur le genre.

Outre l’application au sein de leur propre famille, les participants se sont engagés à organiser des restitutions collectives impliquant leurs communautés, leurs églises et leurs organisations. « Je vais délivrer un message très clair, expliqueJulien Kambale KALEKYA, enseignants à Beni. J′étais parmi les hommes qui discriminaient les femmes. Mais Là je viens de trouver que je dois me conformer et travailler avec la femme. Je demande aux autres hommes qui ont la même pensée d′adopter et de partager avec la femme car nous sommes tous égaux. »

Ils ont convenu de briser le silence en organisant avec l’appui de la SFVS des émissions interactives sur les chaines de radios locales. Ces émissions devraient être animées sous forme des débats à téléphone ouvert, pour permettre aux auditeurs d’échanger avec les femmes et les hommes engagés dans la masculinité positive à Beni.  Pour d’autres entités les sensibilisations se feront 2 fois par mois sous forme des séances débats avec les hommes de la communauté.

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